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mardi 8 janvier 2013

Des outils pour surfer sur la Vie

De quoi est fait l'univers? Comment appréhender le vivant? C'est en étudiant science et traditions spirituelles que j'ai abouti à un mode de fonctionnement, véritable surf sur le flot de la Vie. Pour commencer, la biologie nous renseigne qu'avec une base de 20 acides aminés, notre corps fabrique une grande diversité de protéines, qui créent la complexité vivante de notre être. De l'élémentaire nait la diversité complexe et subtile de la Vie. A nouveau, 19 paramètres décrivent la totalité de l'univers d'après le "modèle standard" (nom très romantique de la dernière théorie de physique des particules). Cette théorie met en valeur que 95% de notre univers est constituée de "matière noire": une grande énigme à explorer pour nos scientifiques occidentaux... Les pistes pour aller vers cette compréhension sont minces voire inexistantes. Après un demi siècle de recherches, une grande énergie humaine (et nucléaire) a été dépensée pour aboutir à la validation du modèle standard cet été... Les scientifiques occidentaux se rapprochent-ils d'une limite imposée par le modèle de pensée actuel? Ce modèle reste au niveau de la pensée. Celle-ci, par nature, procède par segmentation: on pense à une chose, ce qui la sépare de l'ensemble qui la contient. Il existe cependant un mode de fonctionnement qui tente de voir le tissage des éléments, qui s'évertue à saisir la réalité dans sa globalité...

On dit "il faut voir pour y croire" (science/occident), peut être pourrions nous également "y croire pour voir" (spiritualité/orient)?

Pensée Occidentale et pensée Orientale


"En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts" titrait Edgar Morin, grand philosophe de la "pensée complexe" dans son article du Monde le 2 janvier... "Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n'enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d'erreur et d'illusion, et il n'enseigne nullement les conditions d'une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités." En d'autres termes, toutes les connaissances du monde sont impuissantes lorsque l'on touche à l'essence de l'univers. Là où chaque élément s'assemble pour former un tout unique et cohérent.

Avant de rejoindre Edgar Morin, j'insisterai sur ce constat: la pensée occidentale a apporté une immense pierre à l'édifice de l'évolution collective. Par la science et la rigueur de raisonnement, nous avons constitués des bases solides, permettant à un large spectre de personne d'accéder à des connaissances avancées.  Or les dernières théories de physique quantique rejoignent les expériences spirituelles de nos anciens. Ces théories (non démontrées donc) permettent, en tous cas dans mon cheminement, d'avancer avec plus de compréhension et de confiance sur le chemin de la spiritualité. Elles proposent une vision du monde de nature vibratoire, et impliquent l'existence de dimensions parallèles (voir la théorie "M" sur ces points)! Il faut savoir que la plupart des grands scientifiques ne se tiennent pas au courant des avancées en physique quantique. Consciemment ou pas, ce domaine est tellement incompréhensible, impapable, qu'ils n'y mettent pas les pieds! Seuls quelques uns d'entre eux s'aventurent à "affronter la complexité des réalités"...

A l'image des grands penseurs tels que Einstein, Jung, De Vinci, Platon... nous avons la possibilité de nous intéresser à d'autres modes de pensée pour nous déconditionner et transcender nos limites... J'ai personnellement avancé sur cette voie avec le Yi King et d'autres outils dont je parlerai plus loin. Avant cela, voici un premier extrait de la préface du livre des transformations (Yi King) de Richard Wilhelm, écrit en 1968 par son traducteur Etienne Perrot , élève de C. G. Jung:

"La vision du monde [que le Yi King] traduit est aux antipodes de celle de l'Occident. Notre science est analytique: elle isole soigneusement le phénomène étudié de son contexte; celle de l'Orient est synthétique: elle apprend à tout embrasser d'un seul coup d'oeil et à lire les rapports. Dans l'immense symphonie du monde nous nous appliquons à écouter les différents instruments l'un après l'autre, nous interdisant par là de saisir le sens de la partition. Le sage chinois, au contraire, laisse monter à la fois tous les chants, ne négligeant pas la plus humble note de la timbale ou du triangle. Chaque être, chaque instant pris dans son intégralité est un visage du Tout, une facette de l'unité indescriptible." 

 
Couverture du livre de transformations de Richard Wilhelm, traduit de l'Allemand par Etienne Perrot

Une base commune: la clarté et la vérité


Si je me suis intéressée au Yi King, c'est sûrement parce que je n'avais aucun outil pour me permettre de prendre des décisions éclairées dans le feu de l'action. La science recherche une vérité fondamentale qui trouve ses applications dans la technologie moderne et permet de clarifier nos bases de pensée. En terme de sens et d'action au quotidien, c'est la philosophie qui recherche cette vérité dont les sciences orientales (car c'est bien une science au sens latin du terme "connaissance") qui m'éclairent de manière plus pragmatique sur le fonctionnement de notre univers.

"Le plus ancien livre de Chine est aussi le plus moderne. Il nous entraîne au delà de toute théologie comme de tout système philosophique, à un degré de profondeur limpide où l'oeil du coeur contemple l'évidence du vrai." (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).

Dotée d'une mémoire très limitée, mes lectures se sont très vite orientées vers l'application directe sur moi ou sur le monde: vers l'action (les expériences m'imprégnant bien plus que les lectures). Dès que je repère une boule en moi par rapport à un acte, je me régale d'avance à l'idée de tirer un Yi King. Chacun de ces tirages m'éclaire quasi spontanément et me permet d'agir avec confiance et sérénité. J'y découvre ou re-découvre un passage de philosophie pratique qui transforme peu à peu ma manière de penser et d'appréhender ce monde. En grande cohérence avec le fonctionnement de l'univers, chaque tirage se compose d'une combinaison de 6 traits Yin ou Yang, décrivant ainsi la complexité de chaque situation à partir de 2 éléments de base (miroir de la dualité de ce monde) et créant les 64 hexagrammes du Yi King :

"Pour être fécond, le T'ai Ki (le grand commencement) doit se sacrifier en se dédoublant. Le monde ne nous révèle que le jeu des deux forces polaire, le mâle et la femelle, le plus et le moins, leurs épousailles et les dix mille êtres qui en sont les fruits. [...] Est-il impensable qu'après avoir longuement considéré le ciel et la terre, le monde extérieur et le monde intérieur, un homme ait su interpréter l'interaction des facteurs opposés dans chacune de ces "images premières" et fixer ainsi sa place par rapport aux autres dans l'univers? Si les physiciens sont parvenus à forcer le sanctuaire de l'atome, pourquoi ne pas admettre qu'au prix d'une longue attention quelqu'un ait pu passer plus loin que la multiplicité chaotique et en percevoir les lois constantes et universelles?" (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).


Vers la loi d'attraction et le calendrier maya

Face à une société où les technologies ont développé l'hyperchoix dans tous les domaines de la vie (nourriture, information, vêtements...), l'être humain nage dans un flot de données et passe sa vie à faire des choix (j'ai déjà vécu un week end complet à comparer les appareils photos pour choisir le meilleur)... Afin de prendre du recul et agir efficacement en toute sérénité, plusieurs mouvements proposent de ralentir. Si vous avez essayé, vous avez du vous rendre compte que c'est bien plus facile à dire qu'à faire! Mon quotidien a été chamboulé lorsque j'ai commencé à parcourir l'onde enchantée du calendrier sacré maya. Par le biais de questions du type "Quel est mon but?" "Suis-je prête au changement?", le calendrier m'a permis de prendre du recul sur ma vie et à clarifier l'essentiel. Les choix de vie se font ensuite tous seuls. Lorsque nos rêves sont clairs, notre intention de chaque instant nous accompagne et les mots, les actes se font dans la perfection et la simplicité du moment...

L'hyperchoix se retrouve également dans les voies Spirituelles: par où commencer et comment être cohérent? C'est à ce stade là que la loi d'attraction m'est apparue. La compréhension de cette loi est une véritable colonne vertébrale de guidance. Toutes les voies y prennent racine, la science incluse. On y retrouve l'importance du moment présent, mais surtout de la clarté des intentions et la pacification au temps par l'usage des synchronicités. Le Yi King, la communication non violente et le calendrier maya n'échappent pas à cette règle: ils nous proposent de trouver un état de présence au monde apaisant et coopératif... L'usage des 3 outils me permet de compléter et réajuster à chaque instant une compréhension de la loi d'attraction et du monde. Je me vois tendre de plus en plus vers le pétillement et la joie de vivre, en réception constante des cadeaux de la vie que j'ai moi même appelé sur mon chemin!!!

 
Plus d'information sur le stage que je co-organise sur le site du calendrier de la prospérité

"Si nous connaissons les lois fixes de l'être et du devenir, rien ne nous surprend, rien ne nous affecte en notre fond le plus intime: nous savons qu'il n'est pas d'acquisition définitive; tout moment est passage, l'apogée contient en germe le déclin, la défaite prépare la victoire future, la retraite est souvent la meilleure préparation du retour. Ainsi nous nous gardons de nous identifier à l'extrémité heureuse ou malheureuse où le sort nous a portés pour considérer toujours en elle la présence secrète mais déjà en oeuvre du pôle contraire. Ne cessant de marcher au milieu, nous sommes à l'abri des surprises du destin. On reconnaît ici l'attitude de détachement, de souple abandon dans laquelle tous les enseignements voient le terme de l'homme: perte constante et féconde où possède le tout, paisible non-savoir qui surpasse l'intelligence. Tel est le secret de sagesse du Yi King." (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).





mercredi 25 avril 2012

Repenser la société de projet?

Un article de moi dans la lettre de l'Association Lyonnaise d'Ethique Economique et Sociale (ALEES):

« Le mot projet a remplacé le mot hiérarchie dans les manuels de management modernes » dénonce Franck Lepage dans sa conférence sur la « Qulture ». Les mots positifs ont cette influence insidieuse sur nos vies qu’on ne prend pas conscience de ce qu’ils impliquent au quotidien. Sous la désignation prometteuse de projet, nous avons appris à fonctionner avec des objectifs et des « critères intermédiaires » à valider pour vérifier la bonne voie de notre action. Certaines entreprises sont capables des plus belles aberrations pour valider les grilles de leur démarche « qualité » (un mot positif à repenser). J’ai entendu le témoignage d’une infirmière obligée de vider du liquide alcoolisé dans le lavabo, pour satisfaire la quantité de produit soi-disant nécessaire à l’atteinte du critère d’hygiène. Bien sûr, ce n’était pas l’objectif des personnes qui ont préparé consciencieusement la grille de critères, mais où plaçons-nous le temps du recul? Quand remettons-nous en question l’objectif final ? Prenons conscience ensemble que, sans projet, nous nous sentons paumés ! N’établissons-nous pas des projets de vie, des projets de naissance, des projets de vacances ? Laissons-nous suffisamment de place à l’apparition de facteurs aléatoires dans nos vies ? Ne nous mettons-nous pas des œillères par rapport à l’abondance qui nous entoure ? C’est seulement après avoir pris conscience de l’importance de ces questions que nous devrions nous permettre de poser un projet.


lundi 16 avril 2012

Les cartes de la vie

Depuis toute jeune, je jouis d'un environnement favorable dans une famille de classe moyenne, entourée de parents impliqués et relativement justes dans leur éducation. J'ai réalisé à quel point tout dans ma vie concourrait à mon bonheur. Même lorsque je ratais les concours pour lesquels j'avais passé une année supplémentaire de ma vie à trimer en classe préparatoire, je me rendais compte à quel point l'école dans laquelle j'avais atterrit était celle où je devais être: la vie savait mieux que moi finalement! Quelle chance de pouvoir avoir tout ce qui me comblait matériellement et de voir que le destin m'emmenait là où le bonheur m'attendait! Mais, à côté de ça, quelle culpabilité quand je voyais les autres aller de galère en galère...

J'étais complètement coincée dans la cisaille annoncée par Thomas d'Ansembourg: sois heureux car tu as de la chance d'être là mais n'oublie pas que la vie est difficile (vois les autres)! Ma vie illustrait totalement les conséquences de cette cisaille: je ne me permettais pas d'occuper pleinement ma place par peur peut être d'occuper celle des autres. J'ai pris un tournant certain le jour où j'ai arrêté de culpabiliser ma chance.


Culpabilisation induite

Il y a eu plusieurs étapes à la suite de ce changement. D'abord il m'a fallu réaliser que je n'avais aucune culpabilisation à avoir: à quoi bon? Cela n'apporterai rien à ceux qui n'ont pas ma chance! Un ami m'a même suggéré que si j'avais de la chance, c'était peut être parce que je la créait. C'est vrai que j'avais toujours eu un caractère enthousiaste et joyeux qui, selon la loi d'attraction, attire à soi les énergies similaires... Cela permet d'ailleurs assez logiquement de ne VOIR que le meilleur! Je voulais bien croire à cette explication car cela me permettais de répondre à mon besoin derrière ma culpabilité: comment permettre aux autres d'accéder aux même états que moi?

Cela dit, ce n'est pas si simple que ça... Partager avec d'autres les recettes qui font votre bonheur est tout un art! Lorsque vous contez votre expérience intérieure qui vous a mené ça et là, d'aucun se sentent coupable de ne pas y arriver et hop, on créé l'effet inverse: découragement, jalousie...



L'incompréhension... ou pourquoi le développement personnel rend d'abord les gens malheureux

C'est ce qui m'est arrivé encore une fois lorsque toute enthousiaste que j'ai l'habitude d'être, je partage avec sincérité ma joie d'avoir réussi à faire un pas supplémentaire dans ma vie: accepter de me laisser soutenir financièrement par mon copain. Mon égo avait quelque chose de fort en lui qui se voulait indépendant et auto-suffisant. Quelle liberté de savoir que je peux également compter sur d'autres personnes pour vivre! J'ai appris plus tard que cela rejoignais totalement les enseignements amérindiens: offrir à l'homme la fierté de pouvoir protéger le féminin dans son ensemble (à commencer par moi) en acceptant ma propre vulnérabilité et en lâchant prise sur ma capacité à m'en sortir seule (ce sur quoi je n'ai absolument aucun doute).

C'est avec toute la bienveillance de mon entourage que j'ai pu recevoir en réponse à cela "j'espère que tu mesures ta chance car certains n'ont pas vraiment le choix ils sont seuls et nécessairement  indépendants et essayent d'être auto-suffisants". ARGH. Quelle déception, quelle tristesse d'être si mal comprise, si peu encouragée dans cette démarche difficile... A se demander si ça ne leur ferait pas plus plaisir que je trime comme une folle pour être sûr d'être dans du connu...

Je pense qu'au fond cela voulait dire "nous avons besoin d'être rassurés car ton expérience nous renvoi à des moments difficiles où il nous a fallu nous débrouiller seuls. Nous souhaitons t'éviter de tomber de haut." Voyez la différence? Est-ce que le passé nous égare tant qu'on ne peut s'exprimer clairement sur ce qui nous anime: la joie et le soutient plutôt que la peur et les leçons? Il est vrai que faire un tel choix de vie nécessite d'être dans une attention permanente à l'autre et de ses sentiments par rapport à la situation. C'est ce que j'apprends à faire avec la communication bienveillante (CNV)...et ça fonctionne!


Vivre dans le présent pour être intensément dans la Vie

A l'heure actuelle, je suis incapable de réaliser autre chose que d'écrire et extérioriser tout ce qu'il y a en moi. La société dans laquelle nous vivons n'a pas encore jugé utile de mettre en place un revenu de vie pour tous les citoyens, et permettre ainsi à la créativité de chacun de s'exprimer... J'ai donc décidé de profiter de mon abondance et de ne pas nier les cartes que la vie m'offrait. Ce fut un long travail sur moi pour accepter de me laisser financer ce bout de vie.

Oui cela représente des risques, mais "être heureux ce n'est décidément pas nécessairement confortable!". Tous les enseignements auxquels je me ressource sont des rappels à vivre l'instant présent, à être au contact de ses émotions et à répondre à son besoin de partage pour avancer et faire avancer les personnes qui nous entourent. Car c'est en assumant totalement sa chance que l'on peut en faire profiter les autres! L'important n'est pas d'être l'être parfait sur ce chemin, mais de vivre intensément ce que cette voie nous apprend, car elle est riche, tout comme la vie!

Je veux occuper pleinement ma place pour vivre intensément ma vie et pourquoi pas inspirer ceux qui cherchent à sortir des carcans de cette société limitante...

jeudi 5 avril 2012

Pour une décroissance abondante

Mon rêve, en écrivant cet article, est de permettre à chacun de voir ce qui se trame au fond de lui même et à quel point l'abondance est proche de nous, compatible avec notre planète et favorable à l'enivrement de nos vies. Je rêve que nous retrouvions la joie de vivre dans un tourbillon de créativités individuelles et collectives ; que nos actes ne soient plus la justification de notre mal être face à la situation planétaire, mais bien naissant de notre besoin de partage et d'empathie envers tous les êtres humains. Je rêve que la Vie redevienne digne de confiance et qu'à chacune de nos décisions, nous nous allégions du poids d'un égo possessif et torturé...

Sentiment de manque

Pourquoi ne vivons nous pas la prospérité?
Le système économique dans lequel nous vivons est basé sur la rareté car c'est ce qui donne de la valeur aux choses. Ce culte de la rareté nous pousse à fonctionner par peur du manque, entraînant une capitalisation (parfois maladive) de tout ce dont nous pourrions un jour avoir besoin, à commencer bien sûr par l'argent...

On donne par bonne conscience, par conformisme à l'adage disant qu'il faut "donner pour recevoir", mais que valent ces dons? Nous ne croyons pas en l'abondance et pourtant elle ne dépend que de nous! Un objet rare et unique circulant au gré du besoin des gens est bel et bien synonyme d'abondance. Même dans un monde limité, la confiance en la vie (qui nous apporte ce dont nous avons besoin à chaque instant) ainsi que l'apprentissage du don réel et de la joie de recevoir (jusqu'à aller demander!) sont les clefs de l'abondance. La plus grande difficulté est bien souvent celle de recevoir, car recevoir un cadeau pour noël, c'est facile, mais comment recevoir un don réel, celui qui fait don de soi?! C'est pour ma part ma plus grande limite, à commencer par les free hugs...


Sobriété heureuse et abondance frugale

Si personne n'est capable de recevoir, comment pourrait se propager le don? Comment apprendre à recevoir avec joie si nous visons la sobriété?
Tout d'abord, voyons pourquoi sobriété et frugalité peuvent être mises en juxtaposition avec les notions de bonheur et d'abondance. Ces deux expressions appartient au lexique des décroissants qui considèrent que notre économie n'est pas compatible avec les limites environnementales de notre planète. Ils souhaitent attirer l'attention sur l’existence d'un chemin compatible avec le respect de notre planète et la joie d'y vivre! Bien que le message soit juste, les expressions utilisées recèlent un danger et pourraient bien nourrir le système en place... Notre esprit fonctionne ainsi que nous nous imprégnons des expressions tandis que le message qu'elles véhiculent s'efface... d'où l'importance de leur choix!



Oser voir ses souffrances...

La majorité des décroissants suivant la démarche de simplicité volontaire auront le plaisir de se déclarer heureux. Mais, sommes nous réellement capable de distinguer le véritable bonheur? Thomas d'Ansembourg, auteur du livre "cessez d'être gentils soyez vrais", nous met en garde contre ce devoir que nous avons d'être heureux: "puisque l'on peux toujours trouver plus malheureux que soit sur cette planète", "comment oserions nous être malheureux avec ce que nous avons, alors que tant de gens n'ont rien". Devant cette culpabilité généralisée, peu d'entre nous réussissent à observer les souffrances que les bouddhistes nous invitent justement à démêler pour atteindre le bonheur. Je partirai donc du constat que nous nous croyons heureux, mais que nous ne le sommes pas car le chemin est long pour y accéder et une majorité d'entre nous ne l'on pas même entamé.

... pour occuper pleinement sa place

Mais alors, pour toutes ces personnes au bonheur éphémère qui recherchent l'abondance lointaine, que reste-t-il? La sobriété et la frugalité... Thomas d'Ansembourg formule une deuxième injonction nous rappelant que depuis tout petit on nous rabâche qu'on est "pas là pour rigoler" et qu'il faut "travailler dur pour mériter ce qu'on a", créant ainsi "un mouvement de cisailles ou de mâchoire [en rapport avec la première injonction] qui casse ou broie l'élan de vie en instaurant dans le cœur de beaucoup d'entre nous non pas la confiance en soi et en la vie, mais le doute, voire la peur d'exister, d'être vivant, d'être soi, d'occuper pleinement sa place". Les mots sobriété et frugalité, ne sont-ils pas limitant pour nos esprits? Sommes nous capable d'occuper PLEINEMENT notre place en toute sobriété? Comment appeler à soi les ressources nécessaires à une vaste créativité si nous nous contentons du strict minimum? Ne sommes nous pas en train de nous mentir lorsque nous attachons nos efforts à faire preuve de sobriété, de simplicité, de frugalité et déclarons être heureux? Je ne retrouve pas la Vie... ces mots me coupent de toute joie, alors comment faire?


Voir au delà des désirs... le besoin

La communication non violente, CNV pour les intimes, est une méthode inventée par Marshall B. Rosenberg qui permet, avec de la pratique, de comprendre ce qui anime réellement nos actions et de répondre avec justesse à nos besoins profonds. Nos réactions aux situations de la vie courante sont d'importants révélateurs de nos besoins intérieurs et nous pouvons apprendre à les voir afin de reconnaître l'essentiel du superflu dans nos vies. Le superflu, par exemple, apparaît principalement avec les désirs et les envies de tous les jours. L'assouvissement de ces désirs aboutit à une satisfaction de bien courte durée, comme lors d'achats compulsifs. On notera d'ailleurs l'alimentation de cette caractéristique humaine par le système publicitaire qui l'exploite comme une vache à lait... [Petite pub les déboulonneurs et leurs actions anti pub justement ;) ]

Pratiquer la CNV, permet de comprendre ce que nos désirs cachent comme besoin inassouvis. Les besoins inassouvis créent la souffrance tandis qu'ils créent un sentiment de bien être lorsqu'ils sont assouvis. Le premier apprentissage est d'arriver à ne plus confondre nos désir avec nos besoins:
- un besoin est universels à tous les humains (bien être, survie, interdépendance...)
- un besoin est indépendant de toute personne, objet ou action
- enfin un besoin a pour caractéristique d'avoir toujours une multitude de façon d'être assouvis.
Lorsque ce besoin est mis à jour, il démultiplie l'énergie de nos actions car plus aucun frein ne persiste en nous. C'est ainsi que nous pouvons choisir en conscience les actions qui nous paraissent essentielles et cela sans le moindre doute. Selon l'individu concerné et le contexte de la situation, un voyage en avion peut par exemple se révéler essentiel dans la vie de la personne, répondant à un besoin profond pour laquelle aucune autre solution satisfaisante n'est possible.

Note pour ceux qui souhaitent aller un peu plus loin: Je vous invite à lire les excellents livres de Marshall Rosenberg et Thomas d'Ansembourg dont "Etre heureux, ce n'est pas nécessairement confortable" depuis lequel les citations précédentes ont été prises


De l'importance d'assouvir TOUS ses besoins

La satisfaction des besoins est quelque chose d'essentiel, à ne pas opprimer. Les besoins inassouvis génèrent une forme de violence au quotidien que l'on ne voit pas ou que l'on juge inhérent à la vie de tout être humain... Ce qui est dénoncé par de nombreuses spiritualités comme le bouddhisme par exemple: chacun a les ressource pour stopper ses souffrances. Une attention de tous les instants est nécessaire pour apprendre à démasquer nos réactions : réponses automatiques, colères, fuites... Ces réactions qui nous pourrissent la vie et celle des autres, sont pour moi la véritable pollution de cette planète...

Prenons le cas d'un militant écolo extrémiste (je connais bien ce cas pour l'avoir vécu de l'intérieur!). Cet individu est capable de nombreux sacrifices, poussé par son besoin de sens et d'authenticité mais dans l'oubli parfois de son besoin de préservation de temps et d'énergie. Cette lutte permanente en lui à travers ses actions, sans conscience de la violence qu'il se fait à lui même, peut se révéler dévastatrice dans sa communication avec les autres. C'est en effet dans ces cas là que vous entendez le discours écologiste directement culpabilisant qui ne vous donne qu'une envie, c'est de foncer dans votre voiture!

C'est ainsi que l'étau "sobriété heureuse" ou encore "abondance frugale" peuvent engendrer un effet non désiré: celui d'une frustration inconsciente génératrice de violence au quotidien et peu convaincante dans son rapport aux autres... Le message véhiculé à l'origine est juste, mais n'ayons pas peur des mots: soyons en abondance!

Alors, en route vers l'abondance ?