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mardi 8 janvier 2013

Des outils pour surfer sur la Vie

De quoi est fait l'univers? Comment appréhender le vivant? C'est en étudiant science et traditions spirituelles que j'ai abouti à un mode de fonctionnement, véritable surf sur le flot de la Vie. Pour commencer, la biologie nous renseigne qu'avec une base de 20 acides aminés, notre corps fabrique une grande diversité de protéines, qui créent la complexité vivante de notre être. De l'élémentaire nait la diversité complexe et subtile de la Vie. A nouveau, 19 paramètres décrivent la totalité de l'univers d'après le "modèle standard" (nom très romantique de la dernière théorie de physique des particules). Cette théorie met en valeur que 95% de notre univers est constituée de "matière noire": une grande énigme à explorer pour nos scientifiques occidentaux... Les pistes pour aller vers cette compréhension sont minces voire inexistantes. Après un demi siècle de recherches, une grande énergie humaine (et nucléaire) a été dépensée pour aboutir à la validation du modèle standard cet été... Les scientifiques occidentaux se rapprochent-ils d'une limite imposée par le modèle de pensée actuel? Ce modèle reste au niveau de la pensée. Celle-ci, par nature, procède par segmentation: on pense à une chose, ce qui la sépare de l'ensemble qui la contient. Il existe cependant un mode de fonctionnement qui tente de voir le tissage des éléments, qui s'évertue à saisir la réalité dans sa globalité...

On dit "il faut voir pour y croire" (science/occident), peut être pourrions nous également "y croire pour voir" (spiritualité/orient)?

Pensée Occidentale et pensée Orientale


"En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts" titrait Edgar Morin, grand philosophe de la "pensée complexe" dans son article du Monde le 2 janvier... "Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n'enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d'erreur et d'illusion, et il n'enseigne nullement les conditions d'une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités." En d'autres termes, toutes les connaissances du monde sont impuissantes lorsque l'on touche à l'essence de l'univers. Là où chaque élément s'assemble pour former un tout unique et cohérent.

Avant de rejoindre Edgar Morin, j'insisterai sur ce constat: la pensée occidentale a apporté une immense pierre à l'édifice de l'évolution collective. Par la science et la rigueur de raisonnement, nous avons constitués des bases solides, permettant à un large spectre de personne d'accéder à des connaissances avancées.  Or les dernières théories de physique quantique rejoignent les expériences spirituelles de nos anciens. Ces théories (non démontrées donc) permettent, en tous cas dans mon cheminement, d'avancer avec plus de compréhension et de confiance sur le chemin de la spiritualité. Elles proposent une vision du monde de nature vibratoire, et impliquent l'existence de dimensions parallèles (voir la théorie "M" sur ces points)! Il faut savoir que la plupart des grands scientifiques ne se tiennent pas au courant des avancées en physique quantique. Consciemment ou pas, ce domaine est tellement incompréhensible, impapable, qu'ils n'y mettent pas les pieds! Seuls quelques uns d'entre eux s'aventurent à "affronter la complexité des réalités"...

A l'image des grands penseurs tels que Einstein, Jung, De Vinci, Platon... nous avons la possibilité de nous intéresser à d'autres modes de pensée pour nous déconditionner et transcender nos limites... J'ai personnellement avancé sur cette voie avec le Yi King et d'autres outils dont je parlerai plus loin. Avant cela, voici un premier extrait de la préface du livre des transformations (Yi King) de Richard Wilhelm, écrit en 1968 par son traducteur Etienne Perrot , élève de C. G. Jung:

"La vision du monde [que le Yi King] traduit est aux antipodes de celle de l'Occident. Notre science est analytique: elle isole soigneusement le phénomène étudié de son contexte; celle de l'Orient est synthétique: elle apprend à tout embrasser d'un seul coup d'oeil et à lire les rapports. Dans l'immense symphonie du monde nous nous appliquons à écouter les différents instruments l'un après l'autre, nous interdisant par là de saisir le sens de la partition. Le sage chinois, au contraire, laisse monter à la fois tous les chants, ne négligeant pas la plus humble note de la timbale ou du triangle. Chaque être, chaque instant pris dans son intégralité est un visage du Tout, une facette de l'unité indescriptible." 

 
Couverture du livre de transformations de Richard Wilhelm, traduit de l'Allemand par Etienne Perrot

Une base commune: la clarté et la vérité


Si je me suis intéressée au Yi King, c'est sûrement parce que je n'avais aucun outil pour me permettre de prendre des décisions éclairées dans le feu de l'action. La science recherche une vérité fondamentale qui trouve ses applications dans la technologie moderne et permet de clarifier nos bases de pensée. En terme de sens et d'action au quotidien, c'est la philosophie qui recherche cette vérité dont les sciences orientales (car c'est bien une science au sens latin du terme "connaissance") qui m'éclairent de manière plus pragmatique sur le fonctionnement de notre univers.

"Le plus ancien livre de Chine est aussi le plus moderne. Il nous entraîne au delà de toute théologie comme de tout système philosophique, à un degré de profondeur limpide où l'oeil du coeur contemple l'évidence du vrai." (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).

Dotée d'une mémoire très limitée, mes lectures se sont très vite orientées vers l'application directe sur moi ou sur le monde: vers l'action (les expériences m'imprégnant bien plus que les lectures). Dès que je repère une boule en moi par rapport à un acte, je me régale d'avance à l'idée de tirer un Yi King. Chacun de ces tirages m'éclaire quasi spontanément et me permet d'agir avec confiance et sérénité. J'y découvre ou re-découvre un passage de philosophie pratique qui transforme peu à peu ma manière de penser et d'appréhender ce monde. En grande cohérence avec le fonctionnement de l'univers, chaque tirage se compose d'une combinaison de 6 traits Yin ou Yang, décrivant ainsi la complexité de chaque situation à partir de 2 éléments de base (miroir de la dualité de ce monde) et créant les 64 hexagrammes du Yi King :

"Pour être fécond, le T'ai Ki (le grand commencement) doit se sacrifier en se dédoublant. Le monde ne nous révèle que le jeu des deux forces polaire, le mâle et la femelle, le plus et le moins, leurs épousailles et les dix mille êtres qui en sont les fruits. [...] Est-il impensable qu'après avoir longuement considéré le ciel et la terre, le monde extérieur et le monde intérieur, un homme ait su interpréter l'interaction des facteurs opposés dans chacune de ces "images premières" et fixer ainsi sa place par rapport aux autres dans l'univers? Si les physiciens sont parvenus à forcer le sanctuaire de l'atome, pourquoi ne pas admettre qu'au prix d'une longue attention quelqu'un ait pu passer plus loin que la multiplicité chaotique et en percevoir les lois constantes et universelles?" (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).


Vers la loi d'attraction et le calendrier maya

Face à une société où les technologies ont développé l'hyperchoix dans tous les domaines de la vie (nourriture, information, vêtements...), l'être humain nage dans un flot de données et passe sa vie à faire des choix (j'ai déjà vécu un week end complet à comparer les appareils photos pour choisir le meilleur)... Afin de prendre du recul et agir efficacement en toute sérénité, plusieurs mouvements proposent de ralentir. Si vous avez essayé, vous avez du vous rendre compte que c'est bien plus facile à dire qu'à faire! Mon quotidien a été chamboulé lorsque j'ai commencé à parcourir l'onde enchantée du calendrier sacré maya. Par le biais de questions du type "Quel est mon but?" "Suis-je prête au changement?", le calendrier m'a permis de prendre du recul sur ma vie et à clarifier l'essentiel. Les choix de vie se font ensuite tous seuls. Lorsque nos rêves sont clairs, notre intention de chaque instant nous accompagne et les mots, les actes se font dans la perfection et la simplicité du moment...

L'hyperchoix se retrouve également dans les voies Spirituelles: par où commencer et comment être cohérent? C'est à ce stade là que la loi d'attraction m'est apparue. La compréhension de cette loi est une véritable colonne vertébrale de guidance. Toutes les voies y prennent racine, la science incluse. On y retrouve l'importance du moment présent, mais surtout de la clarté des intentions et la pacification au temps par l'usage des synchronicités. Le Yi King, la communication non violente et le calendrier maya n'échappent pas à cette règle: ils nous proposent de trouver un état de présence au monde apaisant et coopératif... L'usage des 3 outils me permet de compléter et réajuster à chaque instant une compréhension de la loi d'attraction et du monde. Je me vois tendre de plus en plus vers le pétillement et la joie de vivre, en réception constante des cadeaux de la vie que j'ai moi même appelé sur mon chemin!!!

 
Plus d'information sur le stage que je co-organise sur le site du calendrier de la prospérité

"Si nous connaissons les lois fixes de l'être et du devenir, rien ne nous surprend, rien ne nous affecte en notre fond le plus intime: nous savons qu'il n'est pas d'acquisition définitive; tout moment est passage, l'apogée contient en germe le déclin, la défaite prépare la victoire future, la retraite est souvent la meilleure préparation du retour. Ainsi nous nous gardons de nous identifier à l'extrémité heureuse ou malheureuse où le sort nous a portés pour considérer toujours en elle la présence secrète mais déjà en oeuvre du pôle contraire. Ne cessant de marcher au milieu, nous sommes à l'abri des surprises du destin. On reconnaît ici l'attitude de détachement, de souple abandon dans laquelle tous les enseignements voient le terme de l'homme: perte constante et féconde où possède le tout, paisible non-savoir qui surpasse l'intelligence. Tel est le secret de sagesse du Yi King." (extrait de la préface du livre des transformations, voir les références au 4ème paragraphe).





jeudi 19 juillet 2012

Le temps


Bonjour! Vous aurez pu le constater, l'activité du blog est assez légère ces temps ci... La mienne, par contre, est toujours aussi forte avec un grand intérêt pour le thème du temps:

Calendrier de la prospérité


Cela fait maintenant plus de 3 ans que je parcours les ondes enchantées du calendrier maya grâce au synchronomètre. Cet outil m'accompagne toujours dans mon quotidien tant il m'a permis de changer de point de vue sur le temps, sur le monde et sur moi même... Depuis un an, je cherchais à développer quelque chose de plus abordable pour le grand public... C'est ainsi que le calendrier de la prospérité est né ces derniers jours, juste avant le nouvel an maya qui est le 26 juillet!!


Opportunités Conscientes


J'organise également dans le cadre de l'asociation CROC'réel, l'événement "Opportunités Conscientes, pacifier son rapport au temps" à Lyon qui se déroulera du 30 Juillet au 16 Septembre. Toutes les infos ici.



A bientôt!

Anne

mardi 27 mars 2012

Luc Montagnier, découvreur du VIH consacre soudainement sa vie à l'eau

Rêve d'une humanité prenant conscience de ses capacités naturelles


Conformément aux prédictions du professeur Luc Montagnier (prix nobel de médecine 2008), une dizaine d'années seulement après son expatriation "volontaire" à Shangaï, son équipe découvre une solution simple et efficace pour permettre aux personnes séropositives de vivre sans subir les menaces du sida. Le premier pas constitue une avancée technique remarquable: de l'eau. Une simple eau "programmée" pour donner une nouvelle mémoire aux cellules atteintes par le virus, une mémoire ne donnant plus aucune accroche aux multiples maladies caractéristiques de cet immunovirus. L'absorption quotidienne de cette eau permet aux patients de devenir des porteurs sains. En parallèle, l'hygiène des participants a été suivie: modification des comportements alimentaires, du sommeil et de la vie en société. Sur les conseils du professeurs, les patients devenus végétariens et ayant donné un nouveau sens à leurs rêves par un "ralentissement" de leur vie, ont été invités à cesser le traitement. Trois ans plus tard, leur suivi montre l'action positive de ces évolutions individuelles. La porte vers une médecine du futur? Une médecine rejoignant celle des chamans qui, grâce aux sons de leur voix, reprogramment l'eau des cellules du corps?

Sortie du rêve et retour sur le parcours de Luc Montagnier


1972-2000: Luc Montagnier dirige l'institut pasteur en France.

1983: Le professeur et son équipe mettent en évidence une combinaison de caractéristiques qui corroborent toutes la thèse d'un rétrovirus dans le champs des connaissances scientifiques. Dans cette interview réalisée en 1997, le professeur explique qu'il pourrait s'agir d'un autre virus possédant les même caractéristiques, mais que d'après les photos qu'ils ont prises, avec un "atlas" et "l'habitude", ils peuvent déterminer ce dont il s'agit. Il est donc absolument convaincu de la présence d'un virus, faute de connaissance supplémentaire.

2007: Luc Montagnier rend hommage aux travaux de Jacques Benveniste concernant "la mémoire de l'eau". Jacques Benveniste est notre Pr Emoto Français. Le professeur Emoto est connu pour son livre sur les cristaux de l'eau et son expérience des deux bocaux de riz que chacun peut reproduire chez lui. Cette approche de la mémoire de l'eau constitue une nouvelle piste pour les recherches sur le sida: voir la conférence très scientifique sur la deuxième vidéo du dernier lien.


2008: Luc Montagnier est nommé co-lauréat du Prix Nobel de physiologie ou médecine avec Françoise Barré-Sinoussi, pour leur découverte en 1983 du VIH, le virus responsable du SIDA.

2009: le professeur donne deux interviews médiatisées sur le net où celui ci affirme l'importance primordiale du terrain, de l'environnement (hygiène, culture...) et du rôle des antioxidants (que l'on trouve dans les fruits et légumes frais par exemple). Ces deux vidéos sont visionables ici et ici. Même exposé au virus, selon le professeur Montagnier, nous sommes tous capables de nous en débarrasser en améliorant notre hygiène de vie!

2010: le professeur prend la direction d'un nouvel institut de recherche en Chine à l'université Jiaotong de Shanghai, où il poursuit ses recherches sur la formation dans l'eau de nanostructures induites par l'ADN.

L'eau, un sujet d'actualité avec la sortie du film Water

Le film Water qui sort à la fin du mois montre l'importance d'un tel sujet à notre époque. Notre déconnexion de la nature nous a fait perdre le contact avec toute réalité. Après la joie exprimée par l'eau dans ce vaste parc d'attraction que constitue le parcours d'une molécule descendant de la montagne, nous l'enfermons dans des tuyaux PVC à angle droit comme pour lui indiquer l'arrivée dans notre société morne et programmée où la Vie est restreinte à la zone "loisir", le soir ou pendant les rares vacances que nous pouvons, peut être, nous offrir... Comment se sent l'eau dans votre corps? Êtes vous ce torrent pétillant qui descend de la montagne à la découverte de tous les obstacles sur lesquels rebondir? Ou bien êtes vous cette flaque à côté de la rivière dont parle Jiddu Krishnamurti, ce tuyau plastique qui file droit sans écouter le message qui circule en lui?

samedi 8 octobre 2011

Chaque vie a un sens

Rêve à la veille des élections présidentielles 2012


Nous sommes le 4 mai 2012 et une immense vague de compassion s’est emparée des Français. Une nouvelle compréhension des hommes de la rue, celle de leur vécu, a donné un sens à leur vie. Depuis quelques semaines déjà, les rues sont envahies de personnes se rendant à leur travail à pied et à vélo, habités par cette conviction que l'espace public doit redevenir un véritable lieu de rencontre avec de nouveaux repères. Elles revendiquent le besoin de ralentir et y redécouvrent les richesses de leur quartier. Des micro-habitats en paille émergent sur les places, créés par les sans voix et donnant une nouvelle dimension à la rue, mobile, organique et naturelle. Aujourd’hui, les transitionneurs ont lancé un appel national pour réunir la population urbaine et reprendre possession de nos villes : retrouver les pavés sous le goudron, végétaliser les toitures  et redécorer les murs d’une histoire commune... Il est même prévu qu’un axe entièrement végétalisé traverse la ville de Lyon pour des ballades pieds nus sur l'herbe bordée de fleurs sauvages... Comme pour compléter cette euphorie générale, les deux candidats à la présidentielle ont noté l’importance que révélait la ressource créative humaine pour la société future et ont choisi de placer le revenu de vie comment fondement de leur programme. Un vaste sentiment de légèreté et de fluidité envahit la France qui retrouve sa place de pays rêvé dans un monde en (re)construction humaine et spirituelle.

Retour en 2011... 

Depuis ma rencontre avec un “sans abri” des ponts de neuilly, une conviction était née en moi: tout individu a sa place dans notre société. "Wolf" est un ancien combattant qui a choisi de vivre dans la rue (ce qui lui confère une certaine exception en tous cas dans l’approche qu’il donne aux autres). Doté d’un fort charisme, cet homme possède une grande influence sur les jeunes du quartier. Pourvu d’idées peu communes, il a cette fonction de les guider au delà de leur rage, et ce, avec une sagesse toute particulière que je lui reconnais volontiers. Ces rencontres sont restées gravées en moi. Mes convictions profondes étaient souvent titillées lorsque, croisant une personne très odorantes dans le métro, je me demandait bien ce que cet individu pouvait apporter à la société... Le livre "Vivre sans abri" m'a permis de jeter une nouvelle lumière sur le rôle possible de ces pionniers d'une société en crise humaine, environnementale et monétaire.




Résilience de l’instant présent 

La vie des hommes de la rue est une expérience de chaque instant. Issus d’un passé auquel ils n’appartiennent plus, peu enclins à imaginer un futur qu’ils ne contrôlent pas; la société a produit les conditions d’une expérience de l’ici et maintenant que tant d’autres personnes cherchent à vivre (cf succès d’Eckhart Tolle). Certes l’expérience est moins romantique que dans les livres mais n’en trouve pas moins sa réalité à ce stade de précarité: l’instant présent comme facteur de survie.  L'instant présent déconditionné pourrait-il nous aider à surfer sur les crises? 

Dans une société où de plus en plus de personnes semblent manquer de temps, ces hommes nous montrent une toute autre façon de vivre qui pourrait bien nous permettre de passer le cap des prochaines années: L’immédiateté de la vie dans une situation extrême commande la logistique de l’action, installant le sujet dans un temps continu. C’est la maîtrise du corps et la maîtrise du présent qui permettent le maintient de soi. Il ne s’agit donc pas uniquement de survie matérielle, mais aussi de survie “morale” [...]. C’est un combat qui suppose de développer des savoirs, une réflexion aiguë [...] tout en exigeant le perfectionnement systématique des compétences existantes. Ces personnes savent que rester soi même, sortir de la vie dure et destructrice, c’est se tourner vers autrui et penser qu’il y a un autre qui écoute, qui attend, qui a aussi besoin de soi. 

Spatialiser le temps 

L’homme dans la rue acquiert une conception spatiale de la temporalité. A l’instar de notre planète qui chemine dans l’espace pour créer notre conception du temps, les lieux deviennent un espace d’identification avec soi même et avec les autres, une cartographie où le passé prend une densité mémorielle. Le “slow movement” propose de ralentir notre vie. Faire entrer la spatialité dans notre quotidien nous permet de reprendre contact avec un temps plus humain, un temps où l’on se croise, un temps d’observation, un temps d’entraide. Parcourir la ville à pied et à vélo offre des repères que la société tend à nous faire perdre, comme celui de la connaissance du milieu où nous vivons. La vie des hommes de la rue est colorée de cette qualité que nous avons perdu... 

 
 Keny Arkana, parce que la rue nous appartient

Habiter la rue 

Dans le symbolisme des rêves, la maison représente la personnalité de l’individu. G. Bachelard relève ceci: en nous souvenant des maisons, des chambres, nous apprenons à demeurer en nous même. La rue, cet espace partagé, passant et bétonné devient la matérialisation d’une maison impersonnelle, et en même temps, de leur nouvelle personnalité... Cet espace que NOUS construisons, cette vaste colocation urbaine est le théâtre de nombreux  passages, mais de peu de relation. Majoritairement composée de couloirs bruyants et de places-salon, nous laissons se créer un climat peu favorable à l’épanouissement de l’être humain. Nous pouvons habiter nos rues pour les rendre plus humaine: ré-approprions nous cet espace et redevenons des colocataires respectueux. Les guérilla guardening rêvent par exemple d’une ville végétale qui se grefferait au béton souvent peu chaleureux... 



Bienveillance 

Les centres d'hébergement, utiles à court terme, ne présentent pas une solution durable lorsque, privés de toute individualité, la masse précaire est soumise à la “logique de la pitié” d’une société guidée par la honte de ceux qu’elle ne comprend pas. Qu’est ce alors que la bienveillance? Et comment agir face à ce constat de société?

Claudia Girola nous ouvre à une toute nouvelle compréhension de ces hommes. Imaginez une foule qui vous regarde avec incompréhension et pitié, une foule qui vous exclut de leur monde par le simple constat qu’ils ont un toit et que vous n’en avez pas. Remplacez cette foule par des hommes emplis de compassion née d’une toute nouvelle compréhension de votre être, une reconnaissance de votre humanité, d’une appartenance à une même communauté. Que ressentez vous? 



Accueil inconditionnel 

Pourquoi chercher inlassablement à réintégrer ces personnes dans la société alors qu’elles appartiennent déjà à la société? En les privant de cette reconnaissance, nous les privons de la sécurité et du repos nécessaire à l'émergence d'une créativité. Obsédés que nous sommes par la valeur travail, ligotés à un idéal de vie, nous avons peur de ce qui pourrait advenir d'une sortie de ce cadre... La vie de ces hommes nous montre les limites d'un tel système de pensée. La tâche est sévère mais nous sommes tous capable de sortir de notre petit confort, de ralentir notre vie, marcher dans la rue, participer à la végétalisation de la ville, comprendre les implications d'un revenu inconditionnel pour tous et que sais-je encore, les options ne manquent pas! Nous sommes ENFIN prêts à cohabiter avec ce nouveau monde, à offrir notre reconnaissance inconditionnelle à l'espèce humaine! Il est temps de plonger dans le réel... pour redevenir humain...


Le revenu de vie est aussi appelé revenu de base, revenu citoyen, allocation universelle, revenu inconditionnel